
Grâce
à Kesher, le comité de dor shalom a décidé
de partager avec vous les réflexions entendues lors
de nos diverses rencontres. Certains projets développés
en Israël ou ailleurs nous ont aussi paru assez différents
et originaux pour être relayé et soutenu.
Vous recevrez donc de temps en temps une interview
réalisée par nos soins ainsi que des liens vers
des sites ou newsletters qui méritent d’être
consultés. Vos réactions seront aussi dans la
mesure du possible repris dans le Kesher suivant.
Pour
notre première Kesher, nous avons longuement interviewé
Théo Klein, figure marquante de la communauté
juive en France.
Avant
de vous laisser en sa compagnie, je profite de l’occasion
pour vous annoncer la tenue de notre voyage en Israël
du 2 au 6 février 2005. Celui-ci aura pour objectif
de mieux faire connaître le travail de ceux qui, sur
place, n’ont pas renoncé au dialogue et continuent
d’œuvrer en faveur de la paix et du respect des
droits de chacun.
Vous
trouverez une présentation plus complète des
objectifs et du programme de ce voyage en cliquant sur le
lien indiqué ci-contre. Inscrivez-vous au plus vite
et avant le 10 décembre (info : contact@dorhashalom.org
) !
Bonne
lecture !
Ilan
T

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THEO
KLEIN :
« Israël patauge dans le non-dit
»
Propos recueillis par Dan Schreiber |
Ancien
résistant, ancien Président du Crif, avocat
aux Barreaux de Paris et d’Israël, et auteur d’une
série d’ouvrages consacrés au conflit
israélo-palestinien, Théo Klein a de tous temps
été un combattant pour la tolérance et
le respect des libertés individuelles. Quelques jours
avant Yom Kippour, Monsieur Klein accordait à Dor Shalom
une longue interview téléphonique depuis son
cabinet d’avocats sur les Champs-Elysées. Les
deux grands thèmes sur lesquels il tranche –
la crise actuelle d’Israël et celle de l’identité
juive européenne -, n’ont pas été
profondément altérés par la réélection
de Bush ou par la mort d’Arafat.
Dor
Shalom : Monsieur Klein, qu’ils soient de gauche
ou de droite, les Israéliens semblent avoir perdu tout
espoir de paix dans les prochaines années. Comment
expliquez-vous cette situation ?
Théo
Klein : La crise actuelle d’Israël est
le résultat de l’incapacité de ses dirigeants
de définir exactement les buts de leur pays. Cette
vision passe par la définition des frontières
d’Israël avec les Palestiniens. Israël a résolu
le conflit avec l’Egypte en rendant le Sinai. Israël
a conclu la paix avec le Liban en se retirant du Sud-Liban.
Israël a normalisé ses relations avec la Jordanie.
Mais pas avec les Palestiniens. Il n’y a jamais eu d’efforts
réels faits par les gouvernements d’Israël
successifs pour définir la frontière - c’est
à dire implicitement la relation - qu’Israël
désire avoir avec les Palestiniens.
Il y a principalement deux frontières
possibles, bien que d’autres puissent évidemment
être imaginées. La première est la frontière
sur le Jourdain qui définit le Grand Israël. Les
partisans de ce Grand Israël n’ont jamais clarifié
quelle est la relation qu’ils proposent aux Palestiniens
qui seraient à l’intérieur de cette frontière,
et comment ils réalisent à la fois un Etat juif
et un Etat démocratique à l’intérieur
de cette frontière. Ils devraient pouvoir expliquer
ce qu’ils proposent de faire des non-juifs qui vivent
et vivront encore longtemps dans leur Etat. Est-ce que ce
sont des citoyens comme les autres, ce qui fait d’Israël
une démocratie, ou est-ce que ces citoyens ne jouiraient
pas des mêmes droits que les citoyens juifs, ce qui
rendrait Israël un Etat non-démocratique ? Il
faut être clair à ce sujet. Pour pouvoir discuter
de ses projets avec ses voisins, il faut d’abord qu’Israël
soit capable de les exprimer, de les exposer et de les expliquer.
La deuxième option de frontière,
dont la gauche israélienne est plus proche, est celle
de 1967. Mais même lorsque la gauche était au
pouvoir, elle n’a jamais exprimé clairement son
accord sur la frontière de 1967 et notamment sur l’existence
d’un Etat palestinien, et n’a jamais été
en mesure de leur proposer une relation qui soit une relation
positive. Bien sûr, il y a eu les Accords d’Oslo.
Dans ces accords, ce qui a manqué, c’est l’étape
finale. Parce que justement, les Israéliens n’étaient
pas prêts à définir cette étape
finale (et peut-être les Palestiniens ne l’étaient-ils
également pas.) Et donc, aujourd’hui, la Gauche
souffre de ce qu’elle n’a rien à présenter.
Elle appuie le retrait de Gaza parce qu’il fait partie
d’une solution « frontière de 1967 »,
mais elle ne va pas au bout de son raisonnement. Et elle ne
le proclame pas. Et donc elle n’apporte aucune contribution
positive au débat politique interne. Je pense que les
Israéliens attendent qu’il y ait un gouvernement
qui dise quelque chose de clair sans s’arrêter
à mi-chemin. Et les Israéliens qui réfléchissent
un peu savent très bien qu’Israël ne peut
avoir un appui international que sur le fondement de la frontière
de 1967 qui, elle, est pratiquement reconnue à travers
les résolutions de l’ONU qui ont été
passées après la Guerre des six jours. Dans
le cadre d’une négociation, des modifications
peuvent être consenties en tenant compte d’un
nouvel équilibre, notamment autour de Jérusalem.
cliquez
ici pour lire la suite de l'interview
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Du
2 au 6 février 2005, Dor Hashalom organise
un voyage en Israël, pour
plus d'infos, cliquez
ici
Jetez
un coup d'oeil au mail d'information de B'TSELEM,
"the Israeli information center for Human
Rights in the occupied territories" en cliquant
ici (en anglais) et de COURAGE TO
REFUSE en cliquant
ici (en anglais)
A
voir aussi: la newsletter du parti YACHAD
(en hébreu)
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