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Novembre/Décembre 2004
 
 

Grâce à Kesher, le comité de dor shalom a décidé de partager avec vous les réflexions entendues lors de nos diverses rencontres. Certains projets développés en Israël ou ailleurs nous ont aussi paru assez différents et originaux pour être relayé et soutenu.

Vous recevrez donc de temps en temps une interview réalisée par nos soins ainsi que des liens vers des sites ou newsletters qui méritent d’être consultés. Vos réactions seront aussi dans la mesure du possible repris dans le Kesher suivant.

Pour notre première Kesher, nous avons longuement interviewé Théo Klein, figure marquante de la communauté juive en France.

Avant de vous laisser en sa compagnie, je profite de l’occasion pour vous annoncer la tenue de notre voyage en Israël du 2 au 6 février 2005. Celui-ci aura pour objectif de mieux faire connaître le travail de ceux qui, sur place, n’ont pas renoncé au dialogue et continuent d’œuvrer en faveur de la paix et du respect des droits de chacun.

Vous trouverez une présentation plus complète des objectifs et du programme de ce voyage en cliquant sur le lien indiqué ci-contre. Inscrivez-vous au plus vite et avant le 10 décembre (info : contact@dorhashalom.org ) !

Bonne lecture !
Ilan T

THEO KLEIN :
« Israël patauge dans le non-dit »

Propos recueillis par Dan Schreiber

Ancien résistant, ancien Président du Crif, avocat aux Barreaux de Paris et d’Israël, et auteur d’une série d’ouvrages consacrés au conflit israélo-palestinien, Théo Klein a de tous temps été un combattant pour la tolérance et le respect des libertés individuelles. Quelques jours avant Yom Kippour, Monsieur Klein accordait à Dor Shalom une longue interview téléphonique depuis son cabinet d’avocats sur les Champs-Elysées. Les deux grands thèmes sur lesquels il tranche – la crise actuelle d’Israël et celle de l’identité juive européenne -, n’ont pas été profondément altérés par la réélection de Bush ou par la mort d’Arafat.

Dor Shalom : Monsieur Klein, qu’ils soient de gauche ou de droite, les Israéliens semblent avoir perdu tout espoir de paix dans les prochaines années. Comment expliquez-vous cette situation ?

Théo Klein : La crise actuelle d’Israël est le résultat de l’incapacité de ses dirigeants de définir exactement les buts de leur pays. Cette vision passe par la définition des frontières d’Israël avec les Palestiniens. Israël a résolu le conflit avec l’Egypte en rendant le Sinai. Israël a conclu la paix avec le Liban en se retirant du Sud-Liban. Israël a normalisé ses relations avec la Jordanie. Mais pas avec les Palestiniens. Il n’y a jamais eu d’efforts réels faits par les gouvernements d’Israël successifs pour définir la frontière - c’est à dire implicitement la relation - qu’Israël désire avoir avec les Palestiniens.

Il y a principalement deux frontières possibles, bien que d’autres puissent évidemment être imaginées. La première est la frontière sur le Jourdain qui définit le Grand Israël. Les partisans de ce Grand Israël n’ont jamais clarifié quelle est la relation qu’ils proposent aux Palestiniens qui seraient à l’intérieur de cette frontière, et comment ils réalisent à la fois un Etat juif et un Etat démocratique à l’intérieur de cette frontière. Ils devraient pouvoir expliquer ce qu’ils proposent de faire des non-juifs qui vivent et vivront encore longtemps dans leur Etat. Est-ce que ce sont des citoyens comme les autres, ce qui fait d’Israël une démocratie, ou est-ce que ces citoyens ne jouiraient pas des mêmes droits que les citoyens juifs, ce qui rendrait Israël un Etat non-démocratique ? Il faut être clair à ce sujet. Pour pouvoir discuter de ses projets avec ses voisins, il faut d’abord qu’Israël soit capable de les exprimer, de les exposer et de les expliquer.

La deuxième option de frontière, dont la gauche israélienne est plus proche, est celle de 1967. Mais même lorsque la gauche était au pouvoir, elle n’a jamais exprimé clairement son accord sur la frontière de 1967 et notamment sur l’existence d’un Etat palestinien, et n’a jamais été en mesure de leur proposer une relation qui soit une relation positive. Bien sûr, il y a eu les Accords d’Oslo. Dans ces accords, ce qui a manqué, c’est l’étape finale. Parce que justement, les Israéliens n’étaient pas prêts à définir cette étape finale (et peut-être les Palestiniens ne l’étaient-ils également pas.) Et donc, aujourd’hui, la Gauche souffre de ce qu’elle n’a rien à présenter. Elle appuie le retrait de Gaza parce qu’il fait partie d’une solution « frontière de 1967 », mais elle ne va pas au bout de son raisonnement. Et elle ne le proclame pas. Et donc elle n’apporte aucune contribution positive au débat politique interne. Je pense que les Israéliens attendent qu’il y ait un gouvernement qui dise quelque chose de clair sans s’arrêter à mi-chemin. Et les Israéliens qui réfléchissent un peu savent très bien qu’Israël ne peut avoir un appui international que sur le fondement de la frontière de 1967 qui, elle, est pratiquement reconnue à travers les résolutions de l’ONU qui ont été passées après la Guerre des six jours. Dans le cadre d’une négociation, des modifications peuvent être consenties en tenant compte d’un nouvel équilibre, notamment autour de Jérusalem.

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Du 2 au 6 février 2005, Dor Hashalom organise un voyage en Israël, pour plus d'infos, cliquez ici

Jetez un coup d'oeil au mail d'information de B'TSELEM, "the Israeli information center for Human Rights in the occupied territories" en cliquant ici (en anglais) et de COURAGE TO REFUSE en cliquant ici (en anglais)

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