
Nous vous présentons ci-dessous l’interview de Sam Bahour, homme d’affaire et activiste palestino-américain. Il nous a sembler intéressant après les récents développements politiques (voir ci-contre les documents relatifs au processus d’Annapolis) d’interviewer un homme d’affaire revenu dans la région au début du processus d’Oslo. Nous présentons aussi ci-contre le dernier rapport du Groupe Aix sur « La dimension économique d’une solution à deux états entre Israéliens et Palestiniens ».
Bonne lecture et bonne année 2008.
L'équipe du kesher. 
Bonjour Sam Bahour, merci de l'interview que vous avez accepter de donner à de Dorhashalom.
Dor Hashalom: Pouvez-vous vous présenter brièvement ?
Sam Bahour: Je suis un homme d'affaires et activiste palestino-américain. Je vis à Al-Bireh/Ramallah (Cisjordanie, ndt) en Palestine. Je suis Managing Partner de l'Applied Information Management (AIM), une firme de consulting en management spécialisée dans le développement et centrée sur les technologies de l'information et les start-ups. J'ai été en particulier actif dans l'installation de PALTEL (compagnie de télécommunication, ndt) et du PLAZA Shopping Center (complexe de magasins à Ramallah ouvert en 2003, ndt). Je suis actuellement membre du Board of Trustees de l'Université Birzeit (Université publique située près de Ramallah et fondée en 1924) et dont je suis également le trésorier. Je suis également directeur à l'Arab Islamic Bank et à la Dalia Association. J'écris régulièrement sur a politique palestinienne et mes articles sont publiés mondialement. J'ai co-édité l'ouvrage "HOMELAND: History of Palestine and Palestinians". Je me suis réinstallé en 1995 en Palestine avec ma famille après avoir étudié la technologie informatique à la Youngstown State University (Ohio). J'ai ensuite obtenu un MBA en suivant le programme international de la Northwestern University (Chicago) et le l'université de Tel-Aviv.
DHS: Pouvez-vous nous décrire l'évolution de la vie au jour le jour [dans les territoires, ndt] pendant ces derniers mois ? S'est-elle déteriorée, s'est-elle améliorée ?
SB: Nous avons atteint un des points de désespoir les plus bas dans l'histoire de notre peuple. En cela, vous voyez de plus en plus de gens qui reviennent avec le projet d'un seul état pour Israël et la Palestine. C'est une réaction très claire au fait qu'Israël a systématiquement détruit toute faisabilité de la solution de deux états.
DHS: Quelles sont vos attentes à l'égard du processus d'Annapolis ? Pensez-vous que cette fois les chances sont meilleures ? En cas d'échec, que pourrait-il arriver à l'Autorité palestinienne ?
SB: L'Autorité palestinienne est contrainte par la communauté internationale à marcher sur un tapis d'épines. Elle s'effondrera (et sera démantelée) bientôt si Israël n'est pas empêchée [de poursuivre sa politique, ndt].
L’article suivant complète la réponse : « Faire advenir l'inévitable. Tout le monde connaît l'issue de l'accord de paix du Moyen-Orient. Ce qui manque, c'est la volonté politique pour y parvenir » par Bernard Avishai and Sam Bahour, le 18 novembre 2007 dans le Los Angeles Times (lire le pdf)
DHS: En Israël, les gens sont de plus en plus nombreux à tenter d'oublier que l'occupation continue. Voyez-vous ceci comme un échec stratégique pour le camp de la paix ou comme un succès pour la droite?
SB: Les deux et de plus, ce qui est probablement plus important encore, le soutien aveugle des Etats-Unis d'Amérique et l'incapacité de la communauté internationale à tenir Israël pour responsable des violations du droit international [sont des causes à la situation actuelle, ndt].
DHS: Depuis l'été 2007, la Cisjordanie et la bande de Gaza ne sont plus soumises à la même autorité palestinienne. Pensez-vous que cette situation perdurera ? Quelles sont les solutions potentielles à cette situation (élections, gouvernement d'union nationale, ...) ?
SB: Personne ne devrait se tromper en pensant que les deux factions rivales resteront indéfiniment désunies. Elles ont toutes deux besoin de l'autre pour survivre politiquement. Elle se réuniront quoi qu'il en soit, même si le Hamas perdra beaucoup à cause de son action.
DHS: Depuis 1989, nous sommes les témoins d'un changement rapide et important de l'économie mondiale. Selon vous, cela a-t-il notablement affecté l'économie palestinienne (Cisjordanie et Gaza) et comment ?
L’article suivant répond à la question: « SOS : le secteur privé en Palestine » par Sam Bahour et Iyad Joudeh, le 30 juillet 2007. Extrait: "La Bande de Gaza et la Cisjordanie, incluant Jérusalem Est, sont des territoires occupés par Israël qui n'ont apporté que désespoir à tous ceux qui s'y sont investis. Le chapitre le plus récent de cette saga historique est la prise de Gaza par les militants du Hamas. Alors que le monde réfléchit à une manière de gérer ce dernier épisode, une chose est certaine, juin 2007 restera dans l'histoire comme un tournant dans le conflit israélo-palestinien. Comprendre en quoi ce tournant apportera de sérieuses améliorations vers plus de stabilité dans la région, peut seulement être déterminé si un sérieux changement prend place dans la manière dont les donateurs soutiennent les Palestiniens, et comment la communauté internationale considère la poursuite des contraintes au développement palestinien imposées par Israël. Au centre de cette analyse, nous soutenons que le secteur privé palestinien est le seul lieu où un développement durable peut être réalisé. En tant que tel, une partie importante de chaque donation devrait inclure le secteur privé palestinien" (lire la suite en pdf)
DHS: Dans un pays où les valeurs traditionnelles de la famille restent très importantes, comme décririez-vous l'influence de la culture "pop américaine" ? Comment cela affecte-t-il les famille en fonction de leur niveau de revenu ?
SB: Cela nous affecte bien sûr tout autant que le reste du monde et oui, le niveau de revenu joue un rôle déterminant sans être le seul facteur en jeu. Avec la TV satellite et l'internet, la culture "pop américaine" est d'accès très facile pour tous les foyers. Le facteur du revenu joue un rôle dans les moyens dont disposent les gens pour imiter cette culture.
DHS: Le vaste réseau d'écoles privées qui se trouve en Palestine est-il une solution qui a la faveur face à la déliquescence du service public ?
SB: Vous seriez surpris de constater que le système d'écoles publiques produit un grand nombre des meilleurs étudiants. Le niveau de revenu est un facteur déterminant pour la progression du système d'écoles privées, mais il n'y a pas nécessairement de lien avec la qualité intrinsèque des étudiants.
DHS: De quelles alternatives disposent les gens pour faire face à la disparition du service public, en particulier au niveau de l'éducation ?
SB: Le service public n'est pas en train de disparaître. Cependant, l'éducation est malheureusement assez faible en terme de revenus proposés lorsqu'il s'agit de retenir les meilleurs. Nous faisons dès lors face à une fuite des cerveaux.
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