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Depuis quelques années un nouveau style d’enseignement tente de s’implanter en Israël. Au travers des crises, de la guerre et des frustrations qui en découlent, l’école mixte fait ses premiers pas et aspire à une véritable légitimité. Nous avons interrogé la directrice d’une de ses écoles : Noah. Cette institutrice de formation travaille depuis dix ans pour « hand in hand ». Cette association a décidé de ne pas attendre la signature d’un hypothétique accord politique pour préparer la prochaine génération à la paix. Un air de déjà vu…
Pouvez-vous m’en dire plus sur l’histoire de votre école ? Mon école fait partie d’une organisation qui s’appelle “Hand in Hand” (“La main dans la main”). Elle est située à Wadi Ara, en plein centre d’Israël, et a été créée il y trois ans d’ici. Nous disposons d’une autre école à Tagalilit et d’une troisième à Jérusalem. La première école a été fondée il y a neuf ans à Tagalilit et la deuxième l’année suivante à Jerusalem. Qui a eu l’idée de ce projet ? L’idée à été lancée par deux personnes de Jérusalem. Il sont les co-fondateurs de “Hand in Hand”. L’école est-elle vraiment mixte ? Combien y a-t-il d’étudiants ? Nous avons plus de 200 étudiants, du jardin d’enfants jusqu’à la cinquième année. Nous essayons d’obtenir un parfait équilibre entre le nombre de Juifs et d’Arabes dans chaque classe. Dans certaines situations, il n’est pas facile de répondre à cette volonté d’équilibre. Quand êtes-vous devenue directrice de cette école ? A partir de sa création. J’ai commencé à enseigner pour l’organisation il y a neuf ans dans la première école de Tagalilit. Ensuite on m’a proposé de devenir directrice de cette école-ci. L’organisation cherchait une personne expérimentée. Quels sont vos sentiments par rapport à ce projet ? Je crois que c’est la meilleure chose à faire dans la situation compliquée dans laquelle nous nous trouvons. Je pense que nous devons apprendre à vivre ensemble. Nous devons commencer à faire connaissance et à nous découvrir mutuellement dès le plus jeune âge. Nous devons cesser d’avoir peur les uns des autres. C’est la seule réponse à donner à quelqu’un qui veut vivre en paix. Nous aimerions une paix qui soit effective pour la génération actuelle et non pas attendre encore deux générations. Cette solution est très compliquée mais tellement plus enrichissante. Nos enfants ont la chance d’avoir un point de vue très spécial qui les guidera pour toute leur vie. Incluez-vous des activités ou des sujets spéciaux dans votre programme ? Oui certainement, nous le faisons toujours. Nous en parlons sans cesse car si nous voulons atteindre nos objectifs, nous devons verifier que cela fonctionne. Nous y passons sept heures durant l’été et nous nous voyons une fois par semaine pendant quatre heures durant l’année pour nous concentrer sur cette question particulière [note:il faudrait préciser de quoi il s’agit]. La culture fait partie de notre projet éducatif; nous nous enseignons mutuellement la nature de nos fêtes et célébrations religieuses, cela fait partie de notre idée de la compréhension mutuelle. Chaque semaine, nous tentons d’explorer un nouveau sujet. Nous avons également des cours de religion. Les Juifs ont des cours de Torah et les Musulmans étudient le Coran, ensuite nous avons un autre cours où l’on s’enseigne tout cela les uns aux autres. [note:expliciter la raison pour laquelle il n’y a pas de chrétiens] Comment se passent les relations entre les enfants ? Au début, c’était difficile parce que les étudiants provenaient de mondes, de cultures, de langues très différents. Il n’avaient pas toujours une excellente opinion les uns des autres. Aujourd’hui, les enfants considèrent que cette école est comme les autres. Ils ne se voient pas en tant qu’Arabes ou Juifs, mais en tant qu’amis. J’entends désormais très rarement le mot “arabe” ou “juif”. Ils sont amis parce qu’ils partagent leurs jeux, ils goûtent à la vie ensemble. Maintenant, après trois ans, nous pouvons réellement dire que les choses ont changé. Quelle relations les parents entrentiennent-ils ? C’est un peu plus compliqué entre les parents. Leurs enfants sont ensemble tous les jours mais les parents vivent toujours dans leur propre monde, séparé. Nous essayons de les faire se parler; nous organisons des discussions et des séminaires, des célébrations religieuses en commun pour les amener à se rencontrer. Nous les encourageons à se rendre visite, à communiquer. Souvent, l’amitié entre parents commence avec celle qui existe entre leurs enfants. Lorsqu’un un jeune Juif va dormir dans la maison d’un ami Arabe, les parents auront éventuellement le désir de se rencontrer. Cela commence à arriver. La récente guerre au Liban a-t-elle changé certaines choses ? En septembre, la situation a été très difficile entre les adultes. Mon école se trouve loin des combats et cela a dès lors peu affecté les enfants. Mais les parents et les enseignants ont été bien plus affectés par la guerre. Je pense que pour notre projet en particulier, cela nous a ramené de nombreuses années en arrière. Est-il prévu que d’autres écoles s’ajoutent au projet ? Nous allons créer un école à Haifa et une autre dans le Néguev. Recevez-vous l’attention des médias et de l’opinion publique ? Lorsque notre école a été créée, nous avons reçu beaucoup d’attention de la part des médias. Il est essentiel de dire que nous sommes l’une des écoles officielles du Ministère de l’éducation israélien. Nous sommes une école publique. Bien sûr nous ne recevons jamais assez. Malgré tout, nous ne voulons pas devenir une école privée qui courrait le risque de s’écrouler à tout moment. Quel est votre rêve en tant que directrice ? Tout d’abord, j’espère que de nombreuses
autres écoles comme la nôtre verrons le jour dans le futur,
dans tout le pays. De cette manière cela pourra affecter toute
la communauté. Les gens devraient avoir l’opportunité
de choisir le type d’école dans laquelle ils aimeraient que
leurs enfants étudient. Nous devrions constituer l’un de
ces choix.
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